- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur LinkedIn
Séminaire / Recherche
Le 15 octobre 2024
Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Une série de séminaires autour de la notion de « climate fiction » co-organisé par Marie Thévenon (UGA, ILCEA4) & James Dalrymple (UGA, ILCEA4).
Ce séminaire est le premier d'une série de séminaires intitulée « Climate Fiction(s) » qui a pour but d'explorer différents types de fictions climatiques, à la fois dans la littérature et dans les arts visuels, d'un point de vue anglophone. Lors de ce premier séminaire, notre invité sera Prof. Peter Mathews, Professeur de littérature anglaise à l'université de Macau (Chine), qui parlera de The Bell of the World (2023) de l'auteur australien Gregory Day.
***************************************************************************
Séminaire n°1: Toward an Ethics of Receptivity: Reading Gregory Day’s The Bell of the World
Intervenant invité : Peter Mathews, professeur de littérature anglaise à l'université de Macao
Répondante : Christine Vandamme, maître de conférences à l'université Grenoble Alpes, ILCEA4
Ce séminaire portera sur le roman The Bell of the World de Gregory Day, un auteur australien dont l’œuvre a acquis une reconnaissance croissante ces dernières années en tant que commentateur littéraire majeur sur la relation entre l’humanité et l’environnement. Au début de sa carrière, la trilogie « Mangowak » de Day explorait des récits se déroulant le long de la côte sud-est de l’Australie à travers le prisme de la spiritualité catholique. Sa réputation a commencé à grandir lorsqu’il a publié Archipelago of Souls en 2015, finaliste du Tasmanian Premier’s Literary Award, qui raconte l’histoire d’un soldat se réfugiant sur une petite île australienne, émotionnellement brisé après avoir passé la guerre à résister aux nazis en Crète. Son cinquième roman, A Sand Archive (2018), raconte l’histoire d’un ingénieur, F. B. Herschell, chargé de stabiliser le sol le long de la côte sud-est afin de permettre la construction de la désormais célèbre Great Ocean Road. Cette mission le conduit en France dans les années 1960 où, entre le spectacle des manifestations de masse et son histoire d’amour avec la fille de son hôte, il étudie les dunes de sable le long de la côte française, ramenant avec lui en Australie une espèce de graminée. Malgré le succès de cette entreprise, il en vient de plus en plus à regretter sa décision, car la graminée qu’il a utilisée est envahissante et ne s’adapte pas à l’environnement australien. Ce roman n’est pas seulement une réflexion poignante sur la manière dont les changements, tant sociaux qu’environnementaux, façonnent la vie de ses personnages ; il a également remporté un vif succès critique : il a été finaliste du prix Miles Franklin, la plus prestigieuse distinction littéraire d’Australie, et a remporté le prix littéraire Patrick White. Day a également remporté le prix Nature Conservancy Australia Nature Writing Prize en 2021. Dans ce séminaire consacré au dernier roman de Day, The Bell of the World, nous commencerons par examiner la décision de Day d’aller à contre-courant de la tendance conventionnelle qui consiste à raconter des histoires sur l’environnement tournées vers l’avenir, tout en soulignant la nécessité et l’urgence d’agir pour éviter la catastrophe. En revanche, La Cloche du monde invite le lecteur à se tourner vers le passé plutôt que vers l’avenir : les deux axes narratifs principaux de l’histoire se déroulent, d’une part, dans les années précédant la Première Guerre mondiale et, d’autre part, dans les années 1960. De manière tout aussi contre-intuitive, la métaphore de Day, celle de la « cloche du monde », met l’accent sur l’importance de la réceptivité plutôt que de l’action comme première étape, et la plus cruciale, vers l’établissement d’une harmonie avec l’environnement. Enfin, une relecture du modernisme est essentielle pour comprendre le roman de Day, en s’intéressant tout particulièrement aux références faites dans l’ouvrage à Moby Dick (1851) d’Herman Melville, à Such is Life (1904) de Tom Collins, ainsi qu’à la musique expérimentale de John Cage, qui apparaît dans le roman sous les traits d’une version romancée de lui-même. Pris ensemble, ces trois points de départ – le regard vers le passé, l’apprentissage de l’écoute et la réinterprétation du modernisme – fourniront une grille de lecture critique pour appréhender ce roman puissant sur la relation de l’humanité à l’environnement dans le contexte du changement climatique.
Biographie
Peter D. Mathews est professeur titulaire de littérature anglaise au département d’anglais de l’Université de Macao. Après avoir obtenu un doctorat en littérature comparée et études culturelles à l’université Monash en 2002, il a travaillé pendant près d’une décennie comme universitaire aux États-Unis, avant de s’installer en Asie en 2010. Ses recherches portent principalement sur la fiction britannique moderne et contemporaine, la littérature australienne et la théorie critique. Il est l’auteur de trois ouvrages universitaires dans ces domaines : Lacan the Charlatan (2020), English Magic and Imperial Madness (2021) et From Poet to Novelist: The Orphic Journey of John A. Scott (2022). Il travaille actuellement à la rédaction d’un ouvrage consacré à l’auteur australien Rodney Hall.
Intervenante : Christine Vandamme est maître de conférences à l’Université Grenoble Alpes, où elle enseigne la littérature britannique du XIXe siècle ainsi que la littérature postcoloniale du XXe siècle. Son domaine d’expertise porte sur l’espace, le lieu et la littérature, mais aussi sur l’espace, le lieu et l’identité, dans une perspective narratologique et déconstructive, tout en s’intéressant particulièrement aux implications idéologiques, politiques et éthiques de ces représentations spatiales. Elle a publié de nombreux articles sur Joseph Conrad, Malcolm Lowry et Patrick White. Elle a publié un ouvrage sur Lord Jim de Conrad en 2004 et a coédité un volume intitulé Tropes and the Tropics in Conrad’s fiction en 2010. Elle a également coédité Science and Empire in the Nineteenth Century en 2010. Ces derniers temps, ses publications portent principalement sur la représentation de l’espace et du lieu en Australie, avec un intérêt particulier pour les perceptions et les visions qu’ont les Australiens non autochtones du « bush », ainsi que pour ce que les Australiens autochtones appellent le « country », que ce soit dans le domaine littéraire et culturel (Henry Lawson, Patrick White, David Malouf, Alexis Wright) ou pictural (Sydney Nolan, Russell Drysdale). Elle a coédité en 2021, avec André Dodeman, un ouvrage intitulé Space, Place and Hybridity in National Imagination in the English-speaking postcolonial world. Elle travaille actuellement sur les notions de résurgence et d’invisibilité, et sur la mesure dans laquelle l’art peut offrir un espace de négociation, d’échanges culturels et politiques, ainsi que de co-imagination éthique de futures nations imaginaires. En cette période difficile où même le simple ajout à la Constitution australienne d’une « voix aborigène », un organe purement consultatif, a été refusé l’automne dernier, les sciences humaines restent un domaine essentiel où les enjeux urgents du changement climatique, de la justice sociale pour tous et du besoin collectif de co-construire un avenir durable doivent être discutés, co-imaginés et mis à l’épreuve.
Date
à 16h30
Localisation
Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Salle 211 (2e étage) à la MaCI (Maison de la Création et de l'Innovation)
Contacts
Marie Thévenon (Marie.Thevenon
univ-grenoble-alpes.fr (Marie[dot]Thevenon[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr))
James Dalrymple (James.Dalrymple
univ-grenoble-alpes.fr (James[dot]Dalrymple[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr))
à télécharger
- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur LinkedIn