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Politique, Discours, Innovation

Mis à jour le 1 juin 2017

Ce projet de recherche transversal et interdisciplinaire a pour objectif de regrouper des chercheurs en langues et civilisations afin de réfléchir, dans une perspective diachronique et comparatiste, aux différentes problématiques reliant politique, discours et innovation. Il s’agira donc d'interroger ces concepts, mais également de confronter les analyses relatives à différents contextes historiques ainsi qu’à différents espaces géopolitiques afin de faire émerger d’éventuels parallèles dans la façon d’appréhender l’innovation dans ses liens avec l’histoire et les évolutions littéraires et artistiques. Quatre pistes de réflexion et de recherche sont proposées : Innovation des pratiques politiques - Nouveaux espaces des discours politiques - L’innovation dans le discours/Innovation du discours - Traduction et innovation.

L’innovation est sans nul doute l’un des termes centraux des discours actuels de toutes sortes.

En 2014, l’Elysée lançait la première « Semaine de l’innovation publique », visant à faire découvrir aux agents et citoyens ce qui se fait de plus novateur en matière de services publics. Plus récemment, avec la création d’un ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation au sein du gouvernement d'Edouard Philippe, le terme a même fait son entrée officielle dans les ministères de plein exercice.

Central à toute organisation qui veut croître et s’adapter au paysage dans lequel elle évolue, l’innovation, généralement définie comme un processus visant à introduire quelque chose de nouveau dans un cadre bien établi, a longtemps été associée au monde de l’entreprise et du marketing. Depuis plusieurs années toutefois, les organisations publiques, les personnalités politiques, les leaders d’opinion, et de nombreux groupes soucieux d’acquérir une visibilité politique et un impact social direct se sont inspirés de l’approche entrepreneuriale. Face à une demande sociale accrue d’efficacité et de meilleure représentation démocratique, les différents acteurs politiques sont notamment incités à proposer de nouveaux types d’actions, plus collaboratives et plus participatives.
Les exemples de cette dynamique abondent actuellement dans les démocraties occidentales et s’expriment à travers un foisonnement de nouvelles pratiques qu’il s’agira d’étudier. Des recherches pourront ainsi être menées sur les innovations des pratiques politiques liées au numérique (diffusion numérique de programmes politiques, utilisation de Twitter, ouverture des données publiques…), aux médias à la démocratie participative (primaires, référendums, e-petitions, crowdsourcing…), ainsi qu’à la résistance dans l’internet (blogs, forums de discussion…).
Même si le numérique apparaît désormais souvent comme incontournable dans l’émergence de nombreux mouvements sociaux issus de la société civile ou de réseaux structurés autour de certaines causes, l’innovation, en termes de discours politique, peut prendre d’autres formes. Parce que le discours politique n’est pas uniquement défini par sa source, qui est principalement celle des professionnels de la politique, mais également par son contenu, son mode de transmission et son impact (cf Christian Le Bart, Le discours politique. 1998, 6), alors il importe de s’intéresser aux espaces, dans toute leur diversité, qui ont pu, par le passé, et peuvent encore aujourd’hui, être investis à des fins de transmission d’un tel discours. Outre le web et ses fake news et médias alternatifs, l’art urbain, la littérature et la culture populaire sont quelques exemples parmi d’autres qui pourront faire l’objet de recherches.

Si l’innovation concerne les pratiques politiques et les espaces dans lesquels le discours politique peut s’exprimer, l’importance qui lui est actuellement accordée, dans le discours entrepreneurial, professionnel, politique ou médiatique signifie que c’est en tant qu’objet que celle-ci devra également être étudiée. Qu’il soit question d’innovation technologique, scientifique, pédagogique ou encore des pratiques professionnelles, que traduit, et comment se traduit ce qui apparaît de plus en plus souvent comme une formule incantatoire ? De quelle pensée, de quel imaginaire, ce discours est-il porteur ?
Son étude en référence à différents contextes historiques, culturels et idéologiques pourra fournir des éléments de réponse, de même qu’en référence à l’art, à la littérature et à la traduction. Certains contextes sont-ils ainsi particulièrement propices à l’innovation (générique, stylistique, sémantique…) et comment cette innovation est-elle accueillie selon les époques ? Pourront à cet égard nous éclairer sur les enjeux dont il est ici question: la prise en compte de la notion de réception (savante ou publique) et des luttes présumées esthétiques mais en réalité politiques et sociales qui sous-tendent les polémiques artistiques; l’étude de courants artistiques et littéraires ; l’analyse des discours théoriques et critiques sur la nouveauté que peuvent représenter l’émergence d’un courant artistique de ces courants, l’apparition d’un nouveau genre, la publication d’une œuvre ou encore une traduction.

Enfin, des recherches portant sur le lien entre traduction et technologie, et notamment l’impact des technologies de la traduction sur les pratiques des traducteurs pourront être menées. La perspective ergonomique fournit dans ce sens un cadre novateur qui permet d’analyser les aspects cognitifs, physiques et organisationnels des nouvelles pratiques professionnelles. Ces dernières, nous pourront le voir, sont fortement modifiées par les dernières évolutions de la traduction automatique, et leurs effets sur les pratiques et les formations sont également un sujet de recherche privilégié.

Enfin, puisque l’innovation, contrairement à la création, s’inscrit dans l’existant, il s’agira d’analyser les processus d’adoption, d’adaptation ou au contraire de rejet des modèles actuels ainsi que, à terme, le vieillissement/la fossilisation des innovations.
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