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Migrations, frontières et relations internationales

Mis à jour le 10 octobre 2017

L'objectif est de réfléchir sur les conflits qui, autour des idées de frontière, de migration et de déplacement, ont marqué les aires linguistiques et culturelles, du XVe au XXIe siècle, d'interroger les concepts - frontières, migrations, transferts -, d'établir des typologies, et surtout de mener des analyses comparatives entre les différents espaces (anglo-saxon, hispanique, germanique, slave, asiatique, méditerranéen). Il s'agit également d'analyser les impacts politiques, économiques, sociaux, culturels et identitaires des modifications des frontières et des migrations, qu'elles soient forcées ou pas.

  • Problématique générale

De nos jours, les migrants et les déplacés, victimes de conflits internes et/ou régionaux, sont devenus un problème pour les États et dans un monde « globalisé » et « ouvert » (qui redéfinit et redessine à son tour les frontières), des restrictions de plus en plus nombreuses sont imposées à la mobilité, à l’emploi, à l’accès aux services de base et aux droits fondamentaux de ces populations. Les États construisent des « murs » physiques et des frontières de toute sorte. Migrations et frontières sont devenues un enjeu politique et sociétal.

Ainsi que l’énonce la maxime, « la violence est l’accoucheuse de l’histoire », une violence dont, de fait, les territoires, mais aussi les groupes ethniques et sociaux portent les stigmates qui, tels des cicatrices, impriment leur marque sur les relations politiques et sociales, et dont certaines pratiques culturelles peuvent manifester la trace, notamment dans la représentation du passé. Les exemples de ces cicatrices abondent dans l’histoire des espaces linguistiques et culturels de l’ILCEA4, du Moyen Âge à nos jours, depuis la création des États et l’établissement de nouvelles frontières – parfois vécues comme cicatrices territoriales rappelant que l’histoire (et les cartes) sont toujours écrites ou redistribuées par les vainqueurs – jusqu’aux conflits sources de disruptions violentes ou douloureuses dans la vie de certaines communautés nationales, de groupes ethniques ou de segments sociaux, en passant par la mémoire souvent cuisante de certains processus historiques, d’enclavements idéologiques et culturels ou d’expériences douloureuses d’un passage physique ou figuré entre un « dedans » et un « dehors ». Néanmoins, les frontières ne constituent pas uniquement des lieux de fracture ou de rupture indépassables. Elles peuvent devenir des espaces propices aux refondations, aux échanges, aux phénomènes de métissage et de migrations.

  • Problématiques du projet « Migrations, frontières et relations internationales » pour la période 2015-2020

1- Les frontières

Processus de construction, destruction, reconstruction des frontières, notions de frontérisation et de défrontérisation, du XVIe siècle à nos jours, en prêtant une attention particulière aux commémorations en cours et à venir (carte européenne transformée à la suite des nombreux conflits du XVIe au XXe siècle, discussions plus récentes autour d’une redéfinition des frontières dans certains pays comme par exemple au Royaume-Uni dans le cadre du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse et certaines initiatives nationalistes en Irlande du nord relatives à l’unité irlandaise, ou en Espagne par rapport aux revendications nationalistes) avec des espaces stratégiques où les lignes bougent plus particulièrement. Nous proposons de travailler la notion « d’entre-deux » appliquée plus particulièrement à une zone européenne (l’Europe d’entre-deux) selon François Pernot pour les relations internationales au XVIe siècle entre la Monarchie hispanique, l’Empire et la France. Cette notion pourrait-elle être appliquée à d’autres espaces (en Amérique du Sud, par exemple). Quel impact de ces processus de construction-destruction-reconstruction des frontières sur les identités nationales (exemple de questionnements actuels concernant l’identité anglaise/britannique dans le cadre d’une redéfinition du Royaume-Uni depuis la dévolution des pouvoirs à la fin des années 90, le cas espagnol, l’Europe centrale).

2- Les migrations
Les migrations (volontaires, forcées et assistées) dans le cadre de la construction des empires et de leur désintégration. Quel type d’émigration pour quel type de colonies ? Projets à l’initiative des gouvernements, de sociétés philanthropiques, d’associations coloniales ? Modèles copiés d’un pays à l’autre ? D’un empire à un autre (exemple de la France s’inspirant, à certains égards, du modèle anglais)? Au sein des colonies, les peuples autochtones ont été forcés de migrer pour laisser la place aux nouveaux arrivants. Comment cette migration a a-t-elle été effectuée ? Comment est-elle perçue – ou contrée – aujourd’hui ?

3- Les réseaux
Sous l’angle de la dialectique entre liberté et sécurité, en Europe d’abord, mais aussi dans les autres espaces, nous allons étudier les collaborations et les réseaux politiques et intellectuels d’une part, et policiers, sécuritaires et militaires d’autre part (au XIXe siècle en Europe, au XXe siècle en Amérique latine – Plan Condor entre dictatures du Cône Sud). Des Carlistes aux anarchistes, en passant par les libéraux, les socialistes, les communistes, mais aussi les féministes pour ce qui est des réseaux politiques. Collaborations entre représentants diplomatiques des pays, les polices, gendarmerie et les Forces Armées, mais aussi constitution de réseaux d’espions, d’informateurs. Réseaux autochtones au sein de l’ONU et de son Groupe de Travail sur les Populations Autochtones.

4- Les cartographies
Les cartographies : réelles, imaginaires, de différents types (géopolitiques, religieuses, des évènements traumatisants et les conflits, etc…).

5- Passages, ancrage
Ce projet de recherche transversal et pluridisciplinaire, concernant les aires linguistiques et culturelles de l'ILCEA4, et une période large (du Moyen Age à nos jours) aussi bien en littérature et civilisation qu'en traduction et langue de spécialité, vise à analyser les thèmes suivants : lieux de passage, ancrage, mobilités, frontières et territoires. Cette thématique s'inscrit également dans l'axe "mobilités et territoires" de la région Rhône-Alpes.
Le thème proposé "Passages, ancrage" offre plusieurs pistes de réflexion sur la notion de voyage, de déplacement et d'exil, sur les modes d'écriture et de représentations, ainsi que sur la traduction et le passage d'une culture à une autre :
  • Voyage et représentations de l'ailleurs (typologie des voyageurs, lieux de passage, typologie de la littérature de voyage, problématique de l'ancrage culturel et du regard ethnocentrique sur l'altérité, les notions d'ancrage et d'affiliation, d'épistème)
  • La diaspora (lieux de passage, le passage comme déplacement, exil et émigration...)
  • Les modes d'écriture, discours et modes de représentation du passage et de l'ancrage (le récit de voyage, le blog, l'autobiographie...)
  • Passage-traduction (traducteur comme passeur, texte comme lieu de passage...)
  • Voyage et impacts (economique, politique, sur la vision du monde)
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