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Projets de recherche du CEMRA

Mis à jour le 10 juin 2016

La thématique retenue par le CEMRA pour le prochain contrat quinquennal 2015-2020, « Lieux de passage », s’inscrit dans la problématique générale du CEMRA sur les modes de la représentation anglophone, c'est-à-dire le processus par lequel tout objet est constitué en une représentation et une connaissance. Le langage, la connaissance, l’esthétique, les formes de communication artistiques ou autres, les théories de la société ou de l’économie, les particularismes nationaux, les identités, sont tous des domaines ou des thématiques pouvant ainsi être interrogés par cette recherche des processus représentatifs qui les constituent et qu’ils véhiculent.

Ce projet s’inscrit également, tout en le développant et en le dépassant, dans la continuité du thème précédent sur Révisions, transmutations, translations, projet qui a permis un travail à la fois spécifique et transversal dans et entre les 5 axes du CEMRA sur la réécriture du canon. À travers l’analyse des discours et des représentations dans les domaines littéraire et esthétique, celui de la civilisation et de l’histoire des idées, le CEMRA a examiné comment les textes, les images, les discours et les courants de pensée dominants sont appropriés, ré-évalués, ou contestés. Le texte, au sens large, peut ainsi être considéré comme « lieu de passage » et de croisements intertextuels, culturels, linguistiques, comme lieu d’émergence, de réflexion, de création et re-création, et de reterritorialisation.

Le thème retenu, « Lieux de passage », permet une approche plurielle et un travail de recherche intra et inter axes. Il peut être entendu au sens propre et les « lieux » géographiques ou culturels intéressent la civilisation, la littérature de voyage, la fiction, la poésie, le cinéma et le théâtre : les membres du CEMRA pourront ainsi examiner les modes de représentation de ces lieux : les ports, les villes, les voies de passage, d’échange et d’interaction ; l’ambiguïté entre ancrage et passage, « roots and routes » selon James Clifford ; les migrations, les routes commerciales, le passage ou la porosité des frontières ; les villes et la diaspora ; les lieux culturels, par exemple la ville de Londres au XIXe siècle, le théâtre, les cercles littéraires.
Il conviendra de replacer ces lieux de passage dans leur contexte historique : le XVIIIe siècle « riche en transformations culturelles, historiques, socio-économiques, géographiques, philosophiques, artistiques et, bien sûr, poétiques » pour l’axe Poésie, le XIXe siècle dans le contexte socio-économique du capitalisme et de l’empire britannique, sa remise en question à l’ère postcoloniale avec une redéfinition des lieux de passage qui deviennent lieux d’échange et de croisements culturels et linguistiques, pour l’axe « Monde anglophone colonial et postcolonial ». Pour l’axe Théâtre et cinéma, la scène et l’écran seront envisagés comme des lieux de passage. Le texte, l’écran, la scène, sont ainsi des lieux de passage lorsqu’ils permettent des glissements génériques : entre fiction, histoire, récit de voyage ; épopée et histoire personnelle ; espace et glissement temporel ; prose et poésie ; le texte comme lieu et objet de passage peut ainsi être envisagé dans une approche métafictionnelle, sans oublier l’intersémioticité et l’intermédialité (musique, peinture, écriture), les paratextes, les seuils (Genette). Le récit de voyage lui-même sera envisagé comme lieu de passage entre le monde connu et l’altérité.
Dans la littérature postcoloniale, le lieu de passage textuel, entre plusieurs langues et cultures, tradition orale et écrite, discours dominant et récit de subalterne, se manifeste par l’hybridation, la polyphonie, la polyvocalité ; le texte devient espace interstitiel (Homi Bhabha) ; lieu rhizomatique (Deleuze et Guattari). La polyphonie n’est cependant pas le propre de la littérature postcoloniale et le texte comme lieu de dialogisme, d’hétéroglossie, de croisements de points de vue, de voix et de récits peut également être analysé à des périodes littéraires antérieures, chez des précurseurs du modernisme comme Conrad notamment.
Le texte au sens large peut être entendu comme lieu de redéfinitions épistémologiques, en nous appuyant sur la notion d’épistémé qui, selon Foucault, ancre le texte dans son contexte historique et culturel ; nous pourrons ainsi analyser le texte comme lieu de fertilisation croisée et d’apports culturels dans le contexte européen, et la ré-vision postcoloniale de la géographie, de la cartographie, de l’histoire, de l’anthropologie
(James Clifford, Affergan, Tim Ingold), du rapport à l’altérité (Levinas), dans des textes de fiction ou de civilisation de l’ère contemporaine. Ce volet, portant sur les interactions entre champs disciplinaires (esthétique, science, littérature), s’inscrit ainsi dans la continuité des études menées lors du précédent contrat quinquennal sur science et littérature, ou « Ferments d’ailleurs ».
Il conviendra enfin de se pencher sur la figure du passeur, qu’il s’agisse du voyageur, du poète, du romancier, du critique, du traducteur, du cinéaste ou du metteur en scène.

Ce thème de recherche, suffisamment vaste selon les sens et les orientations qu’on lui attribue, permettra à la fois un travail spécifique au sein de chaque axe (voir le projet des axes ci-dessous) et une recherche transversale entre les axes, au croisement de la civilisation et de la littérature, des aires géographiques (Amériques, Grande Bretagne et Commonwealth) et des périodes, du XVIIIe siècle à l’époque contemporaine.
Ce projet donne également lieu à la mise en place d’un projet transversal avec les collègues des autres langues de l’ILCEA4, débutant dès octobre 2014 par une journée d’étude et se poursuivant par des séminaires : « Passages, ancrage ». Ce projet concerne la littérature et la civilisation ainsi que la traduction et la langue de spécialité. Cette thématique s’inscrit également dans l’axe « mobilités et territoires » de la Région Rhône-Alpes. Le thème proposé offre plusieurs pistes de réflexion sur la notion de voyage, de déplacement et d’exil, les modes d’écriture et de représentations, ainsi que la traduction et le passage d’une culture à une autre. Cinq pistes de réflexion et de recherche sont proposées pour ce projet transversal :
 
  • Voyage et représentations de l’ailleurs
  • La diaspora
  • Les modes d'écriture, discours et modes de représentation du passage et de l'ancrage
  • Passage/traduction
  • Voyage et impact

Le projet du CEMRA s’inscrit dans l’axe « Arts, cultures, création, médiation » de l’Université Stendhal, au sein du Pôle de recherche « Arts, Lettres, Langues, Sciences cognitives, Philosophie et Histoire » et dans le projet d’« axe transversal transformant » du nouvel IDEX : « Humanités et numériques. »

Les cinq axes ont retenu ce thème de recherche fédérateur qui sera décliné et analysé selon leurs spécificités :
 
  • Poésie
  • Monde anglophone colonial et postcolonial
  • Études américaines
  • Civilisation
  • Théâtre/cinéma
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