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Projets de recherche de l'axe Littérature Amérique latine

Mis à jour le 6 février 2017

À la suite de la disparition de Michel Lafon (PR, responsable de l’axe Rio de la Plata), les membres MCF titulaires de l’axe vont poursuivre des travaux de recherche en attendant la nomination d’un nouveau PR spécialiste de littérature latino-américaine. Il a été décidé de poursuivre les projets de Michel Lafon, en les reformulant, et de se centrer plus particulièrement sur le projet « Formes, genres, supports littéraires en Amérique latine ». Certains aspects de ce projet seront développés dans le cadre des actions transversales menées par l’ILCEA4. Ce projet est lié à des travaux anciens ou récents sur les formes brèves, les revues, les blogs, la BD, la science-fiction, le romanesque, le théâtre voire les manuscrits, les éditions facsimilaires dans le Rio de la Plata. Ce projet sera élargi au continent latino-américain et plus précisément à une réflexion croisée sur les relations interculturelles selon trois volets : entre les pays latino-américains, entre l’Amérique latine et les États-Unis et entre l’Amérique latine et l’Europe (notamment l’Espagne). Il s’agira, entre autres, d’étudier la façon dont une forme ou un genre naît, évolue, se diffuse, est reçu, circule, mute... d'un bout à l'autre de ces espaces.

  • Relations interculturelles entre pays latino-américains

Il sera question d’étudier la façon dont les écrivains latino-américains contemporains se lisent et se réécrivent entre eux, mais aussi comment ils dialoguent avec leurs prédécesseurs.
Par ailleurs, à partir des concepts avancés par Pierre Bayard de « bibliothèque intérieure » et « bibliothèque collective » (la culture), il serait pertinent d’interroger la fonction de l’essai littéraire comme lieu d’interaction entre ces bibliothèques et les sources d’une œuvre. Cette réflexion a vocation à être menée dans le cadre du projet transversal "De la bibliothèque intérieure à la bibliothèque collective. Bibliothèques matérielles et immatérielles, collections et sources dans le monde hispanique", organisé par Anne Cayuela et Laurie-Anne Laget. Dans ce sens, Margarita Remón-Raillard a fait une proposition de participation à ce projet, portant sur l’écrivain mexicain Juan Villoro.
Le concept de « bibliothèque » peut d’ailleurs être extensible au dialogue entre arts dans le cadre des récentes théories sur l’intermédialité (influences, confluences entre la littérature et des autres arts de l’écrit et de l’image). Dans ce cadre inter-médial, et en relation avec l’axe de réflexion sur les bibliothèques, Olga Lobo a présenté une communication intitulée « El ojo Cortázar : de lasmaneras de ver (en) la obra cortazariana».
Ce travail de recherche peut aussi concerner l’évolution de la poétique d’un même auteur en contact avec des contextes socio-historiques et littéraires autres que les siens (il s’agit de la poétique de l’exil mais aussi de toute poétique surgissant dans un contexte d’émigration ou de voyages et de collaboration avec des institutions –comme c’est le cas de Cortázar avec Cuba ou le Nicaragua). Dans ce sens, Margarita Remón-Raillard a travaillé sur la poétique du retour chez l’écrivain mexicain Juan Villoro et María Ferraro sur le poète argentin Juan Gelman ainsi que sur l’auteur uruguayen Carlos Liscano. Par ailleurs, Olga Lobo a l’intention de travailler la question de l’évolution poétique de Julio Cortázar, dans un projet en collaboration avec d’autres chercheurs et institutions (Université de Córdoba, Argentine ; Casa de las Américas, Cuba). En suivant la réflexion de Nicolas Bourriaud (Bourriaud, Nicolas, Radicant : pour une esthétique de la globalisation, Paris : Denoël, 2009), la réflexion pourrait porter sur les manifestations, dans la création littéraire latino-américaine, de ce que l’on a appelé « altermodernité », la juxtaposition relativiste de cultures ancrées dans leur tradition, le renouveau à partir de certaines de ses composantes : fluidité du nomadisme, progrès, diversification et surtout topologie et interrogation sur les racines. « L’art radicant —épithète désignant un organisme qui fait pousser ses racines et se les ajoute, au fur et à mesure qu’il avance— » se présente comme une alternative au rhizome deleuzien et offre une version évoluée de la radicalité moderniste fondée sur un souci d’épuration par soustraction. María Ferraro a participé à des journées d’études organisées sur ce sujet par le laboratoire CECILE de Lille 3.
 
  • Relations interculturelles entre les pays latino-américains et les États-Unis

Il serait également intéressant de voir la façon dont le Nord (au sens large) lit (ou ne lit pas) le Sud (le sous-continent latino-américain), et surtout dont le Sud lit (ou ne lit pas) ou écrit le Nord. En ce qui concerne la relation entre la littérature latino-américaine et nord-américaine, ce genre d'approche croisée a rarement été tenté en France, semble-t-il, faute de liens et de pratiques scientifiques communes entre spécialistes anglophones et hispanophones. Il y a des liens indéniables, par le biais de la littérature, mais dont la base est de nature historique, entre les États-Unis et les républiques latino-américaines, en particulier le Mexique (littérature de la frontière, littérature chicana), Porto-Rico, Cuba et le Río de la Plata (le parangon serait le dialogue entre la littérature de Borges et celle des écrivains nord-américains).
Cette approche est particulièrement pertinente si l’on tient compte, d’une part, de la nécessité d’élaborer des projets de recherche transversaux au sein de l’ILCEA4 (par exemple entre le CERHIUS et l’axe de littérature nord-américaine du CEMRA) et, d’autre part, de la nécessité d’adosser la recherche à des projets pédagogiques concrets. Ici, il s’agit notamment de la prochaine ouverture en 2015 de la Licence bilingue LLCE Anglais-Espagnol. Des séminaires portant sur ces aspects pourraient avoir lieu, voire une journée d’études au cours de l’année 2015-2016.
Margarita Remón Raillard a plusieurs publications portant sur la représentation de la frontière entre le Mexique et les États-Unis ainsi que sur des productions culturelles frontalières comme la « narco-littérature ».
L’influence d’auteurs tels que ceux de la beat generation, Kennedy Toole ou encore Douglas Coupland, dans les poétiques des auteurs latino-américains depuis les années 80-90 et jusqu’à nos jours, pourrait également faire l’objet d’une réflexion.

  • Relations interculturelles entre l’Amérique latine et l’Europe (Espagne)

En ce qui concerne le rapport entre les littératures latino-américaines et espagnoles : l'Argentine, le Mexique et d’autres pays latino-américains ont bénéficié de l’apport des Républicains espagnols exilés dans ces pays. Cela aura des répercussions importantes dans le domaine de l’édition et de la presse débouchant peut-être sur des pratiques littéraires ou paralittéraires (feuilletons, suppléments, illustrations, dessin de presse, etc.).
Dans des périodes plus récentes, et notamment à partir des années 60, la diffusion et l’édition de la littérature latino-américaine en Espagne ont une incidence majeure sur les échanges (influences, évolutions) entre littératures hispaniques. De la même façon, l’implantation de maisons d’édition espagnoles en Amérique Latine et une politique linguistique d’une plus grande ouverture au sein de l’Académie de la Langue Espagnole signifient autant de nouveaux éléments susceptibles d’engendrer une réflexion autour de relations culturelles entre l’Amérique Latine et l’Espagne.
Olga Lobo a travaillé sur ce dialogue entre littératures. Elle a récemment présenté une réflexion autour de l’hybridation comme une des caractéristiques du genre nouvelle dans la littérature contemporaine. Cette ligne de réflexion pourrait s’étendre à une recherche plus large sur l’influence d’auteurs européens ou nord-américains sur la construction et évolution de la nouvelle latino-américaine, de façon à relier les trois axes d’études proposés. Un travail autour de la question du genre, ses évolutions et modifications d’un auteur à un autre, d’une époque à une autre, d’un pays et sa culture à un autre, pourrait être envisageable avec des collègues spécialistes appartenant à d’autres groupes de recherche.
 
  • Autres axes d’étude

Manuscrits
Le travail sur les manuscrits et l’édition peut être également continué et développé à travers, par exemple, une collaboration ou un partenariat avec le C.R.L.A de l’Université de Poitiers (équipe de recherches membre de l’Institut des Textes et Manuscrits Modernes), qui depuis 1995 réalise un travail fondamental dans la valorisation des Fonds d’écrivains latino-américains (collection ARCHIVOS). María Ferraro a participé à la publication des manuscrits de prison de Carlos Liscano.

La mémoire et ses représentations esthétiques
Une autre ligne de recherche qui sera développée concerne le sujet de la Mémoire et ses représentations esthétiques en Amérique latine, à travers l’étude de la nouvelle génération d’écrivains et la production littéraire récente, que ce soit sous forme de témoignage ou de fiction. Cela implique une interrogation sur l’incidence du passé récent et de ses traumatismes (la violence, la disparition, etc.) sur la création littéraire. Des séances régulières de séminaires sur ces thématiques seront organisées. Sur cet aspect, Margarita Remón-Raillard a entamé un travail sur les chroniques de Juan Villoro et la faculté de ce genre hybride d’être vecteur privilégié de la mémoire des évènements traumatisants. C’est aussi le cas des travaux de María Ferraro portant sur le sujet de la mémoire en Uruguay.
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