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Appel à communication pour la journée d'étude "A la (re-)conquête des électorats : stratégies et pratiques dans le monde anglophone 1867-2017"

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Appel à propositions, Journée d'étude
du 26 mars 2018 au 1 juin 2018
Université Grenoble Alpes

Cette journée d’étude, qui s’inscrit dans le cadre du projet transversal « Politique, discours et innovation » du laboratoire de recherche ILCEA4, sera le premier volet d’une réflexion visant à confronter les stratégies et pratiques électorales dans le cadre d’une mobilisation initiale ou d’une remobilisation d’électorats dans une perspective tout d’abord « descendante », qui s’attachera aux efforts des partis politiques pour conquérir de nouveaux électeurs ou reconquérir des électeurs démobilisés ou perdus à d’autres partis, puis « ascendante » - impliquant cette fois la base, les mouvements populaires sur le terrain, du type "grassroots" en anglais.

L’accès au vote à travers le monde anglophone s’est rarement opéré de façon simultanée pour les différentes catégories de population. Outre l’abrogation de certaines restrictions religieuses au début du XIXe siècle (tel que le Roman Catholic Relief Act en 1829), le Royaume-Uni a ainsi compté plus de six réformes électorales entre le milieu du XIXe siècle et la fin des années 1960, élargissant dans un premier temps le suffrage aux différentes catégories sociales sur une base censitaire dans le cadre d’un suffrage exclusivement masculin, puis dans un second temps aux femmes selon les mêmes modalités (en deux étapes séparées de dix ans), et finalement l’abaissant de 21 à 18 ans à la fin des années 60. Aux Etats-Unis, l’accès au suffrage a été encore plus fractionné, donnant lieu, outre l’élargissement du droit de vote à ces mêmes catégories selon une progression assez similaire au niveau fédéral, au vote d’une dizaine de lois entre 1790 et 1965 incluant ou excluant des registres sur la base de la couleur de peau ou de l’appartenance ethnique. On pensera ainsi aux Afro-Américains, qui obtinrent le droit de voter avec le 15e amendement suite à la Guerre de Sécession mais durent continuer à se battre durant la première moitié du XXe siècle afin de pouvoir réellement exercer leurs droits (aujourd’hui, la question reste un sujet brûlant dans les Etats du Sud où des mesures telles que redécoupage électoral et le gerrymandering tendent à restreindre le droit de vote en excluant des minorités). Ce sont ces mêmes catégories (propriété, sexe, ethnie et âge) qui marquent l’histoire du droit de vote au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. L’arrivée, par vagues, de nouveaux groupes d’électeurs n’aura pas été sans susciter certaines craintes ou attentes de la part des principaux partis ou groupes d’influence ainsi que, de façon générale, la volonté, de s’attirer un électorat encore -potentiellement- libre d’attaches.

Parallèlement et ultérieurement à certains de ces changements, les pays anglophones, comme de nombreux autres, ont dû faire face, au cours du XXe siècle, à un certain nombre de fluctuations partisanes, marquées par des phénomènes de désalignement ou réalignement et pouvant faire craindre pour la permanence des structures existantes. Face à cet accroissement de la versatilité de l'électorat, l’impression donnée est celle d’une multiplication des supports et d’une course à l’innovation en termes de communication politique.

Afin de confronter, de façon diachronique les pratiques et stratégies mises en œuvre dans un même pays face à différentes catégories d’électeurs ou bien, de façon plus ou moins synchronique, les pratiques et stratégies employées face à une même catégorie d’électeurs dans différents pays de l’aire anglophone, de façon à dégager les constantes ou les innovations, les communications de cette première journée d’étude s’organiseront autour de deux principales questions : d’une part celle de la conquête des nouveaux électorats ; d’autre part celle de la reconquête d’électorats démobilisés ou s’étant tournés vers un autre parti.

Les propositions de communication (en anglais) sont à envoyer avant le 1er juin 2018 à : veronique.molinari@univ-grenoble-alpes.fr

Elles comprendront un résumé de 300 mots environ et une courte notice biographique de 100 mots.

Comité d’organisation : Grégory Benedetti et Véronique Molinari (Université Grenoble Alpes)

Mis à jour le 26 mars 2018

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